Crevasses et glacier : marcher sur un piège
Un glacier peut te porter mille fois et te trahir la mille-et-unième : ce qui se lit, ce qui se corde, ce qui se sort — et ce qu'on ne peut presque rien faire sans.
Il est 6 h 40, le soleil touche à peine les sommets, et la neige craque sous les crampons comme du sucre glace. Trois heures plus tard, au retour, la même neige s’affaisse sous le pied à chaque pas. C’est la même pente, le même glacier, la même cordée — mais ce n’est plus du tout le même terrain. Un glacier ne ment jamais deux fois de la même façon : il ment à l’heure.

Lire un glacier avant d’y poser le pied
Un glacier n’est pas un terrain figé : c’est une masse qui coule, lentement, et qui se fissure partout où elle est contrainte de changer de forme. Trois endroits produisent des crevasses de façon quasi systématique, et les repérer avant d’avancer change tout.
- Les ruptures de pente convexes : là où le glacier passe d’une pente douce à une pente raide, la glace s’étire en surface et casse — ce sont des crevasses transversales, perpendiculaires au sens de la marche, souvent les plus nombreuses et les plus prévisibles.
- Les bords, contre les parois rocheuses : le centre du glacier avance plus vite que les bords freinés par le frottement contre la roche. Cette différence de vitesse ouvre des crevasses obliques, en éventail, près des rives — un piège classique pour qui longe la paroi en pensant s’éloigner du danger central.
- Les séracs, dans les zones de rupture : quand la pente devient trop raide, le glacier se fracture dans tous les sens à la fois et se découpe en tours de glace instables, les séracs. Ce sont les zones les plus dangereuses de tout le parcours, à traverser vite, jamais à la pause déjeuner.

Une crevasse ouverte, on la voit et on l’évite : elle n’est dangereuse que si on ne la remarque pas. Le vrai piège, c’est la crevasse masquée par un pont de neige — une couche soufflée par le vent qui rebouche l’ouverture en surface sans combler le vide dessous. Un œil entraîné cherche une légère dépression linéaire dans le manteau neigeux, une différence de texture ou de reflet sous la lumière rasante du matin ou du soir, ou un changement de couleur à peine perceptible. On marche perpendiculairement aux lignes de crevasses probables, jamais parallèlement, pour limiter le temps passé au-dessus du vide.
S’encorder : la seule assurance qui marche
Sur glacier, la corde n’est pas une option de prudence : c’est le seul dispositif qui transforme une chute en crevasse d’un accident mortel en incident récupérable. Sans elle, il n’y a rien entre le pied qui perce le pont de neige et la chute complète.
Pour une cordée de deux, la distance de référence est d’environ 15 à 18 mètres entre les deux personnes, avec 3 à 4 nœuds de freinage (des nœuds de huit ou de cabestan) noués dans le tiers central de la corde. Le premier et le dernier nœud se placent à 5-6 mètres de chaque grimpeur, les nœuds intermédiaires à au moins 2 mètres les uns des autres. Plus la cordée compte de personnes, plus les intervalles individuels se réduisent, parce que le poids qui doit être arrêté est réparti sur davantage de points d’ancrage humains.

Les nœuds de freinage jouent un rôle précis : sur la lèvre d’une crevasse, la neige comprimée sous le poids de la corde qui glisse crée un frottement qui aide à stopper la chute avant que toute la longueur ne soit engloutie. Dans une cordée de deux, sans ces nœuds, il n’existe presque rien pour ralentir la chute avant que le second ne soit lui-même tiré vers le trou.
Tomber : les premières secondes qui comptent
La chute elle-même est souvent plus courte qu’on l’imagine : beaucoup de crevasses se resserrent en profondeur, et le corps se coince avant le fond. Ce qui frappe en premier n’est pas la douleur, mais le froid immédiat : les parois sont de la glace vive, l’air est stagnant et glacial même en plein été, et le contact direct avec la glace évacue la chaleur du corps beaucoup plus vite que l’air libre.
- Ne bouge pas violemment. Un mouvement brusque peut faire céder un peu plus le rebord sur lequel tu es peut-être arrêté, ou détacher de la glace et de la neige au-dessus de toi.
- Fais le point sur les blessures avant de faire quoi que ce soit d’autre : jambes, dos, tête. Un choc contre une paroi de glace peut fracturer sans que la douleur soit immédiate sous l’effet du froid et de l’adrénaline.
- Signale que tu es vivant et conscient, à voix haute : c’est souvent la première information dont la personne en surface a besoin pour décider de la suite.
- Limite le contact direct avec la glace dès que possible : assieds-toi sur ton sac à dos, écarte les membres de la paroi. Chaque minute de contact direct pompe de la chaleur.
- Garde les mains et les pieds actifs, remue doigts et orteils sans grand mouvement : c’est la meilleure défense contre les engelures en attendant.
Pour la personne restée en surface, la corde qui se tend brutalement et se bloque est le seul signal : il faut immédiatement s’assurer soi-même (piolet planté, corps couché en opposition) avant même de parler à la victime, sous peine d’être entraîné à son tour.
Sortir : le mouflage et l’auto-sauvetage
Deux techniques permettent de sortir quelqu’un d’une crevasse sans secours extérieur, et elles ne s’excluent pas : la victime peut souvent participer à sa propre remontée pendant qu’on la hisse depuis la surface.

Le mouflage simple, souvent appelé « en Z » à cause de la forme que dessine la corde une fois montée, donne un avantage mécanique de 3 pour 1 : pour 3 kilos tirés côté sauveteur, 1 kilo de résistance est vaincu côté victime, frottements en moins. Le montage utilise un nœud autobloquant (prusik) fixé sur la corde qui part vers la victime, relié par une poulie et un mousqueton à un ancrage planté dans la neige — un piolet couché, tête vers l’aval, fait un ancrage correct. Le rebord de la crevasse se protège avec le piolet ou un sac posé sous la corde, pour éviter qu’elle ne scie la lèvre de neige en tirant.
L’auto-sauvetage au prusik est la solution quand la victime est indemne et seule en bas, sans personne pour la hisser depuis la surface. Deux nœuds autobloquants de 200 à 250 cm sont installés sur la corde tendue : l’un porte le poids du corps (pied ou buste), l’autre sert de point d’accroche pour le baudrier. La progression se fait en deux temps — remonter par alternance des deux nœuds jusque sous le rebord de la crevasse, puis franchir la lèvre elle-même, souvent la partie la plus physique de toute la manœuvre, parce que la corde y est comprimée contre la neige et le frottement augmente d’un coup.
| Auto-sauvetage seul | Mouflage à deux | Mouflage en équipe | Sans corde ni cordelette | |
|---|---|---|---|---|
| Nécessite une victime indemne | ✅ obligatoire | utile mais pas obligatoire | utile mais pas obligatoire | sans objet |
| Matériel minimum | 2 cordelettes + corde | 1 poulie/mousqueton + corde | idem, plus de bras | aucun |
| Vitesse | lente, très physique | moyenne | rapide | sans issue seul |
| Marge d'erreur | faible | moyenne | bonne | quasi nulle |
Sans matériel : ce qu’on peut vraiment faire — très peu
Il faut le dire sans détour : sans corde, sans cordelette, sans aucun système autobloquant, les options réelles pour sortir quelqu’un d’une crevasse profonde sont presque inexistantes. On peut tendre une branche, un bâton de ski ou un vêtement solide à une victime proche du bord pour l’aider à prendre appui sur la dernière fissure de glace, on peut créer un point d’ancrage de fortune avec un sac lesté de neige damée si la victime peut encore s’aider avec ses mains. Mais au-delà de quelques mètres de profondeur, sans dispositif de traction mécanique, il n’y a rien à faire d’autre que d’aller chercher du secours au plus vite, en notant précisément la position (GPS, balise, point remarquable) avant de partir.
C’est précisément pour cette raison que toute la préparation se joue avant de mettre un pied sur le glacier : corde, baudrier, cordelettes de prusik, poulie et mousquetons ne sont pas du matériel optionnel qu’on ajoute pour le confort, ils sont la seule chose qui rend une chute en crevasse récupérable par ses propres moyens.
Ce que ça laisse : blessures et hypothermie au retour
Même une chute stoppée à quelques mètres laisse des traces. Le contact avec les parois de glace provoque des contusions, parfois des fractures aux membres ou aux côtes ; l’immersion partielle dans l’eau de fonte qui ruisselle au fond de nombreuses crevasses trempe les vêtements et accélère une hypothermie déjà entamée par le simple contact avec la glace. Une personne restée coincée plus d’une heure, même consciente et apparemment stable, doit être considérée comme potentiellement hypothermique : elle se réchauffe doucement, sans mouvements brusques une fois en sécurité, parce qu’une mobilisation trop énergique peut renvoyer d’un coup le sang froid des membres vers le cœur.
Le choc psychologique compte aussi : la plupart des récits de sauvetage évoquent une victime qui doit être rassurée en continu pendant toute la manœuvre, parce que l’obscurité, le froid et l’incapacité à évaluer sa propre profondeur dans le noir désorientent complètement.
Les cas qui enseignent

Tête-Rousse, un glacier qui a déjà tué de loin. Le 12 juillet 1892, une poche d’eau interne de près de 100 000 m³ s’est vidée d’un coup à travers ce petit glacier du massif du Mont-Blanc, provoquant une coulée de boue qui a dévasté la vallée jusqu’au Fayet et tué plus de 175 personnes à Saint-Gervais — sans qu’un seul randonneur n’ait mis les pieds sur la glace ce jour-là. Le glacier est aujourd’hui surveillé en continu : une nouvelle poche de 65 000 m³ a été détectée et purgée en 2010, deux autres en 2019, et un réservoir de 60 000 m³ s’est reformé début 2025. Sur le sentier normal du Mont-Blanc, il traverse aussi une petite langue glaciaire que la grande majorité des randonneurs franchit en simples chaussures de marche, sans corde ni crampons — un pari qui tient tant que les zones fondues-regelées ne cèdent pas sous le pied.
Le glacier du Géant et la Mer de Glace, en 2017. Un skieur d’une trentaine d’années chute en crevasse dans la Vallée Blanche ; son père marque l’emplacement avec un ski puis tombe à son tour dans une seconde crevasse, cinq cents mètres plus bas, en cherchant du réseau téléphonique pour alerter les secours. Selon le PGHM, les deux hommes étaient particulièrement inexpérimentés. En 2022, une femme de 39 ans chute d’une dizaine de mètres quand un pont de neige cède sous elle sur la Mer de Glace — elle doit sa vie à son compagnon de cordée, qui stoppe la chute.
Les Alpes suisses, une année record. L’année 2022 concentre à elle seule la démonstration : glaciers peu enneigés, sensation de sécurité trompeuse, et un nombre de chutes en crevasse presque doublé par rapport à la moyenne décennale.
Le glacier qui change
Les Alpes se sont réchauffées d’environ 2 °C depuis l’ère préindustrielle, le double de la moyenne mondiale, et les glaciers alpins ont perdu près de la moitié de leur volume de glace depuis 1850 — un retrait fortement accéléré depuis le milieu des années 1980. Concrètement, sur le terrain, trois conséquences directes :
- Plus de crevasses ouvertes, parce que la disparition de la couverture neigeuse dénude des zones auparavant masquées, rendant certains itinéraires historiques impraticables sans détour important.
- Des chutes de séracs plus fréquentes, comme celles du glacier de Taconnaz au-dessus de Chamonix, déjà responsables de morts dans le secteur : la fonte déstabilise des masses de glace qui tenaient depuis des décennies.
- Des lacs supraglaciaires qui se forment dans des creux fermés par des barrages morainiques peu cohésifs. Quand l’eau de fonte s’y accumule trop vite, ces barrages naturels peuvent céder brutalement et provoquer une crue soudaine bien en aval — le même mécanisme, à plus petite échelle, que la poche d’eau de Tête-Rousse.

Boire sur le glacier, et la neige qui glisse au printemps
L’eau de fonte glaciaire est chargée d’une poussière de roche très fine, la farine glaciaire — la glace broie la roche sous elle en particules microscopiques que le courant transporte en suspension, donnant à l’eau cette couleur laiteuse ou grisâtre caractéristique. Biologiquement, cette eau n’est pas plus dangereuse qu’une autre source de montagne, mais ces particules très fines colmatent rapidement un filtre mécanique et peuvent rendre le pompage presque impossible. La parade est simple : laisser l’eau décanter une heure ou deux dans un récipient avant de filtrer, le temps que les particules minérales, plus lourdes, se déposent au fond ; un filtrage grossier au tissu ou au filtre à café, en amont du filtre principal, prolonge sa durée de vie.
Le printemps ajoute un dernier piège, cette fois hors du glacier lui-même : la neige de fonte. Une fois densifiée et gorgée d’eau par le redoux, elle forme des avalanches de neige humide, plus lentes qu’une avalanche de poudreuse (20 à 60 km/h) mais nettement plus lourdes (350 à 500 kg/m³) et à fort pouvoir d’érosion. Elles se déclenchent typiquement sur les pentes bien exposées au soleil, en fin de matinée ou l’après-midi — la même logique horaire que les ponts de neige sur glacier : ce que le gel a consolidé la nuit, le soleil le défait dans la journée.
Questions fréquentes
Peut-on traverser un glacier sans être encordé ?
C’est fortement déconseillé, même sur un itinéraire qui paraît fréquenté et sans neige visible. La corde est le seul dispositif qui transforme une chute en crevasse en incident récupérable ; sans elle, une chute dans une crevasse masquée par un pont de neige est presque toujours grave, voire mortelle, quelle que soit l’expérience de la personne.
Pourquoi les guides partent-ils si tôt le matin sur un glacier ?
Parce que le froid de la nuit regèle la neige en surface, ce qui rend les ponts de neige au-dessus des crevasses plus solides et permet aux crampons de mieux mordre. Dès que le soleil réchauffe la neige, la cohésion diminue rapidement, et le même pont qui portait un alpiniste à 6 h peut s’effondrer sous son poids en début d’après-midi.
Comment sortir quelqu’un d’une crevasse sans matériel de secours ?
Les options sont très limitées : tendre un bâton, une branche ou un vêtement solide si la victime est proche du bord, ou improviser un point d’ancrage avec un sac lesté de neige damée. Au-delà de quelques mètres de profondeur, sans corde ni système autobloquant, il n’existe pratiquement aucune solution : la priorité devient d’alerter les secours au plus vite avec une position précise.
Qu’est-ce qu’un mouflage en Z ?
C’est un système de poulies monté avec une corde, un nœud autobloquant et un ancrage à neige qui donne un avantage mécanique de 3 pour 1 pour hisser une victime hors d’une crevasse. La corde dessine la forme d’un Z inversé entre le point d’ancrage, la poulie et le sauveteur qui tire, ce qui réduit fortement l’effort nécessaire par rapport à une traction directe.
Les glaciers sont-ils plus ou moins dangereux qu’avant, à cause du réchauffement climatique ?
Plutôt plus, et de façon contre-intuitive : un glacier peu enneigé en surface, ce qui devient plus fréquent avec le réchauffement, expose davantage de crevasses ouvertes mais donne aussi une fausse impression de sécurité. En Suisse, l’année 2022, marquée par un déficit de neige exceptionnel, a vu le nombre de chutes en crevasse presque doubler par rapport à la moyenne des dix années précédentes.
Que ressent-on immédiatement après être tombé dans une crevasse ?
Le froid, avant même la douleur : les parois sont de la glace vive et l’air y est stagnant et glacial même en été, ce qui évacue la chaleur du corps très rapidement au contact direct. C’est pourquoi la première chose à faire, une fois les blessures vérifiées, est de limiter ce contact — s’asseoir sur son sac, écarter les membres de la paroi — en attendant d’être hissé.
À retenir
- Un pont de neige n’est pas un état fixe : solide le matin par le gel, il peut céder l’après-midi sous la chaleur — c’est pour ça qu’on part tôt et qu’on redescend avant midi.
- La corde, nouée avec des nœuds de freinage tous les 2 mètres dans le tiers central, est le seul dispositif qui rend une chute en crevasse récupérable ; le solo sur glacier n’a pas de filet.
- Dans les premières minutes après une chute, le vrai danger est le froid, pas la profondeur : limiter le contact avec la glace compte autant que vérifier les blessures.
- Le mouflage en Z (3 pour 1) et l’auto-sauvetage au prusik sont les deux techniques qui sortent une victime sans secours extérieur — et la victime qui s’aide elle-même divise l’effort du sauveteur par deux.
- Sans corde ni cordelette, il n’y a presque rien à faire au-delà de quelques mètres : tout se joue dans la préparation, avant de poser le pied sur la glace.
Pour aller plus loin
- Ortovox Safety Academy, LAB ICE — cordées et auto-sauvetage — le cours en ligne gratuit le plus complet en français sur la progression glaciaire.
- ENSA Chamonix, chaîne YouTube officielle — les modules techniques de référence de l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme.
- Andrew Selters, Glacier Travel and Crevasse Rescue (The Mountaineers Books) — l’ouvrage de référence en anglais, dont s’inspirent la plupart des cours francophones.
- Club Alpin Suisse (CAS/SAC), statistiques annuelles des accidents de montagne — pour suivre, année après année, comment le terrain change vraiment.
Sources de ce module (19)
- ENSA Chamonix — Progression sur glacier et sauvetage en crevasse
- Club Alpin Suisse (CAS) — Le mouflage en équipe est le plus efficace
- Ortovox Safety Academy (LAB ICE) — L'auto-sauvetage pour ressortir d'une crevasse
- Ortovox Safety Academy (LAB ICE) — Cordées : distances et encordement sur glacier
- Paulo Grobel — Progression sur glacier et sauvetage en crevasse
- Alpine Mag — ENSA : encordement sur glacier en été
- Objectif Alpinisme — 5 manières de détecter une crevasse sur un glacier
- Objectif Alpinisme — Comment être en sécurité sur un glacier en alpinisme
- Wikipédia — Crevasse (glaciologie)
- Wikipédia — Glacier de Tête-Rousse
- Claude Grandpey — Tête-Rousse : un glacier sous surveillance (19/09/2026)
- Club Alpin Suisse (CAS) — Jamais autant de chutes en crevasse, statistiques 2022 (La Crux)
- France Info — Mont-Blanc : un alpiniste mort après une chute en crevasse sur le glacier du Géant
- Europe1 — Un skieur russe retrouvé mort dans une crevasse du Mont-Blanc
- ICI (France Bleu) — Haute-Savoie : elle chute dans une crevasse et est sauvée par son compagnon de cordée
- Persée — Du blanc au-dessus du vide, monitoring de la formation d'un pont de neige sur crevasse
- Randonner Malin — Comment purifier l'eau en randonnée
- Wikipédia — Farine de roche (farine glaciaire)
- Mon séjour en montagne — Ski de printemps : les bons réflexes pour éviter les avalanches de fonte
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