Premiers secours loin de tout
Quand l'ambulance est à six heures de marche, ce que tu fais dans les dix premières minutes décide de tout.
Il est 15 h 40, tu es à quatre heures du dernier village, et ton compagnon vient de glisser sur une dalle mouillée. Il ne se relève pas, sa jambe saigne à travers le pantalon, le téléphone affiche « aucun réseau ». Ici, tu es l’ambulance, l’infirmier et le médecin pour les heures qui viennent. Ce module ne remplace pas une formation, mais il te donne l’ordre des choses, les chiffres, et surtout la liste de ce qu’il ne faut PAS faire.

Toi d’abord, puis le bilan en une minute
Un secouriste blessé, c’est deux victimes et zéro secours. Avant de toucher qui que ce soit : le danger qui a causé l’accident est-il toujours là (pierres, courant, foudre, serpent) ? Puis tes mains : gants, sac plastique ou tissu entre toi et le sang. Ensuite seulement, le bilan. Les militaires ont remplacé l’ABC des cours de secourisme par MARCH, parce que sur le terrain ce qui tue vite, c’est le sang qui sort.
- M — Massive hemorrhage : un saignement qui coule ou qui gicle se traite avant tout, même avant la respiration.
- A — Airway : la victime parle ? Ses voies aériennes sont libres. Inconsciente mais respire ? Position latérale de sécurité.
- R — Respiration : compte trente secondes, regarde si la poitrine se soulève des deux côtés.
- C — Circulation : pouls, couleur de la peau, sueurs froides, saignements cachés (dos, sous les vêtements).
- H — Hypothermie et tête : un blessé se refroidit dès qu’il ne bouge plus, même l’été. Isole-le du sol, note l’heure.
La position latérale de sécurité (décrite en 1891, adoptée par l’American Heart Association en 1992 seulement) empêche la langue et les vomissements de boucher la gorge d’un inconscient qui respire. Autre signe à connaître : visage affaissé d’un côté, bras qui ne tient plus, parole pâteuse — le test FAST de l’AVC. Rien à faire sur place, sauf noter l’heure des premiers signes et évacuer.
Le sang : compression, pansement, garrot
Trois paliers, ceux du programme américain Stop the Bleed : appuyer, bourrer, garrotter. D’abord la compression directe, à pleine main, sans relâcher pour « regarder si ça saigne encore ». Pour te libérer les mains, le pansement compressif : un tissu propre sur la plaie, un lien large qui fait au moins deux tours, serré sur l’endroit qui saigne. La Croix-Rouge l’appelle « tampon relais » ; si le sang traverse, ajoute un second tampon sans retirer le premier.
Si ça ne suffit pas, ou si le membre est écrasé, le garrot : 5 à 8 cm au-dessus de la plaie, jamais sur une articulation, serré jusqu’à ce que le saignement s’arrête — pas jusqu’à ce que ça fasse mal, ça fait mal bien avant. Écris l’heure sur le front ou sur le garrot. Un garrot ne se desserre pas « pour laisser passer le sang » : ce vieux réflexe a vidé des blessés par à-coups.

Pourquoi une ceinture ne marche pas ? Parce que serrer à la main ne ferme jamais une artère de cuisse : il faut un treuil — un bâton passé dans le lien et qu’on tourne — et un lien large, car un lien fin coupe la peau avant l’artère. Une ceinture rigide ne se tord pas ; un bandana, une sangle de sac, une manche roulée, oui. Même ainsi, l’improvisé échoue souvent sur la cuisse : d’où un garrot industriel de 80 g dans la trousse.
Plaies, brûlures, ampoules
Loin de tout, l’ennemi d’une plaie n’est pas le saignement, c’est l’infection du troisième jour. Ce qui compte, c’est le rinçage sous pression : de l’eau potable (celle que tu boirais), poussée par une seringue, une poche à eau pressée ou une bouteille au bouchon percé d’un trou d’épingle. Beaucoup d’eau, en jet, dans la plaie. La revue Cochrane n’a trouvé aucune preuve que l’eau du robinet infecte plus que le sérum physiologique. Retire les débris à la pince, coupe la peau morte (débrider), pansement sec changé chaque jour.
Une morsure ne se referme jamais. Chien, chat, humain : la bouche a injecté des bactéries (Pasteurella entre autres) en profondeur, et refermer, c’est fermer un abcès. On irrigue longuement, on laisse ouvert sous pansement, on consulte pour antibiotiques et rage. Signes qui font descendre : rougeur qui s’étend, chaleur, pus, traînée rouge qui remonte, fièvre.
La super-glue ? Le cyanoacrylate a été pulvérisé sur les blessés au Vietnam, et sa version médicale (FDA, 1998) ferme les petites plaies propres. La colle de quincaillerie irrite, mais sur une coupure nette, peu profonde et bien rincée, elle tient. Jamais sur une morsure ni une plaie sale ; le ruban adhésif rapproche les berges aussi bien.

Brûlure : eau tempérée (15 à 25 °C, pas glacée) pendant au moins dix minutes, dit la Croix-Rouge. Pas de beurre, pas de dentifrice, pas de glace ; un film propre non adhérent par-dessus. Pour juger la surface :
Ampoules : on prévient, on ne guérit pas. Un point chaud se scotche AVANT qu’il ne cloque (Leukotape ou ruban solide), et on change de chaussettes dès qu’elles sont mouillées. L’essai Pre-TAPED, sur des ultra-trails de 250 km, remet les pendules à l’heure : le ruban posé avant la course n’a pas protégé, 89 % des coureurs avaient des ampoules dès le deuxième jour. Rien ne remplace des chaussures rodées. Une grosse ampoule douloureuse se draine à l’aiguille désinfectée en gardant le toit de peau ; une petite se laisse sous pansement.
Os et articulations
Une entorse de cheville sans radio : les règles d’Ottawa, sensibles à 98–100 %. Douleur à l’os sur les 6 derniers centimètres du bord arrière des malléoles, ou à la base du cinquième métatarsien, ou impossibilité de faire quatre pas : suspecte une fracture. Sinon, c’est une entorse, et la règle des écoles comme NOLS est simple : sangle, chausse serré, et sors sur tes pieds avant que ça gonfle.
Pour une fracture, immobilise l’articulation au-dessus et en dessous, dans la position trouvée. L’attelle SAM (0,4 mm d’aluminium entre deux mousses) a été inventée par un chirurgien du Vietnam en jouant avec un papier de chewing-gum : plate, elle est molle ; pliée en gouttière, rigide. Même principe pour un matelas mousse roulé, un bâton le long du tibia, un sac vidé autour du bras. Bourre les creux de vêtements, serre avec des bandanas, et vérifie que les doigts restent roses et chauds.

La luxation d’épaule, classique de la chute à ski : 97 % sont antérieures, et c’est le muscle en spasme qui maintient l’humérus hors de sa cavité. Tirer nourrit le spasme. La technique de Cunningham (2003) fait l’inverse : victime assise, dos droit, bras collé au corps, coude plié, sa main sur ton épaule ; tu masses doucement le biceps à mi-bras en lui demandant de rentrer les omoplates et sortir la poitrine, et tu attends qu’elle se relâche. Quand le muscle lâche, l’humérus retombe en place, souvent sans antalgique. Ne tente rien si le bras ne revient pas le long du corps, si la main est engourdie ou si la douleur est atroce : c’est peut-être une fracture.
Le froid et l’eau
L’hypothermie commence sous 35 °C, et son premier stade trompe : la victime tremble, râle, refuse de s’arrêter. Le système suisse retient : stade 1, éveillé et frissonnant ; stade 2, somnolent, le frisson a cessé ; stade 3, inconscient ; stade 4, plus de signes de vie. Dès que le frisson disparaît alors qu’il fait toujours froid, le corps a cessé de se chauffer : urgence.
- Le sol d’abord : un matelas isolant sous la victime, sinon la terre pompe sa chaleur plus vite que l’air.
- Sec : coupe les vêtements trempés si tu le peux sans la retourner ; sinon, emballe par-dessus.
- Chaleur au tronc : bouillottes ou chaufferettes dans du tissu sur la poitrine, les aisselles, l’aine. Jamais sur les membres ni à même la peau.
- Barrière vapeur : bâche ou couverture de survie autour du corps, pour que l’humidité ne traverse pas l’isolant.
- Isolant : sac de couchage, vestes, tout ce qui gonfle.
- Coque : seconde bâche contre le vent, tête couverte, visage dégagé.
Ce n’est pas du folklore : les essais norvégiens de 2024, dans un tunnel de glace à −2 °C sur des volontaires mouillés, utilisaient exactement cet emballage, et la chaleur active y réduisait l’afterdrop — la chute de température qui continue après la sortie du froid — à 0,3 °C au lieu de 0,7. Une victime qui parle et avale boit tiède et sucré : le sucre est le carburant du frisson.

« Personne n’est mort tant qu’il n’est pas chaud et mort. » Anna Bågenholm, en 1999, est restée 80 minutes sous la glace en Norvège, à 13,7 °C, 2 h 35 sans circulation, et a repris son travail de radiologue en octobre. En 2026, une femme de 70 ans arrivée à l’hôpital à 14,0 °C en arrêt cardiaque est repartie sans séquelle. On n’abandonne pas un hypotherme parce qu’il a l’air mort : on l’isole et on évacue.
Gelures : des orteils blancs, durs, insensibles ne se réchauffent que si l’on est sûr qu’ils ne regèleront pas. Un dégel suivi d’un regel détruit plus qu’un gel prolongé, et l’on peut marcher sur un pied gelé pour redescendre, pas sur un pied dégelé. À l’abri : bain à 37–39 °C jusqu’à ce que le tissu redevienne souple (environ trente minutes), cloques claires drainées, cloques sanguines intactes, pansement sec. « Gelé en janvier, amputé en juillet » : la limite des tissus morts met des semaines à se dessiner, on ne coupe rien sur le terrain.
L’eau froide ne tue pas d’abord par hypothermie. Gordon Giesbrecht, « Professor Popsicle », a résumé sa recherche en une règle, le 1-10-1 : une minute pour reprendre le contrôle de sa respiration (sous 15 °C, le gasp réflexe ramène ton apnée de 60–90 secondes à quelques secondes), dix minutes de mouvements utiles, une heure avant de perdre connaissance. Le noyé ne crie pas et n’agite pas les bras : la réponse instinctive de noyade dure 20 à 60 secondes en silence. Sorti de l’eau, les insufflations passent en premier (c’est une asphyxie) ; on oublie Heimlich et la tête en bas « pour vider l’eau ». Un enfant a été réanimé après 66 minutes dans une eau à 3 °C.
La chaleur, la soif, le ventre
| Épuisement par la chaleur | Coup de chaleur | |
|---|---|---|
| Température centrale | sous 40 °C | au-dessus de 40 °C |
| Cerveau | intact, fatigué | confus, incohérent, convulsions, coma |
| Sueur | abondante | présente à l'effort, souvent absente en canicule |
| Pouls | rapide et faible | rapide et fort |
| Geste | ombre, boire, se refroidir | refroidir AVANT tout, évacuer |
| Mortalité | quasi nulle | moins de 5 % à l'effort, 21 à 65 % en canicule chez les hospitalisés |
La différence vitale tient en un mot : le cerveau. Quelqu’un qui a chaud, titube et dit n’importe quoi est un coup de chaleur jusqu’à preuve du contraire, et chaque minute au-dessus de 40 °C abîme les organes. « Refroidir d’abord, transporter ensuite » : immersion dans l’eau la plus froide disponible, sinon mouiller et éventer sans arrêt. La crainte que l’eau glacée « ferme les vaisseaux » est enterrée : plus elle est froide, plus vite ça refroidit. Rien à avaler pour un confus, et le paracétamol ne sert à rien : le thermostat n’est pas déréglé, il est dépassé.
La déshydratation se lit à l’urine (foncée, rare) et au pli cutané qui reste. Elle se corrige avec un SRO, la seule dose que ce module te donnera, validée sur des millions de cas de choléra :
- 1 litre d’eau potable (bouillie ou traitée, sinon tu réinfectes).
- 6 cuillères à café rases de sucre (environ 25 g).
- 1/2 cuillère à café rase de sel (environ 2 g). Goûte : pas plus salé que des larmes. Trop de sel aggrave tout.
- Petites gorgées, 200 à 400 mL après chaque selle liquide chez l’adulte.

En 1971, dans les camps de réfugiés du Bangladesh, cette solution a fait tomber la mortalité du choléra de 30 % à 3,6 %. Pour la diarrhée du voyageur : SRO, repos, et évacuation si du sang apparaît, si la fièvre monte ou si ça dure. Le CDC note que le mantra « bouilli, cuit, pelé ou oublié » n’a jamais empêché grand-chose : ce qui rend malade, c’est l’hygiène de la cuisine.
Bêtes, plantes, altitude
Serpent. En France, 25 à 50 % des morsures de vipère sont « sèches », sans venin, et les décès sont exceptionnels ; dans le monde, c’est 5,4 millions de morsures et 81 000 à 138 000 morts par an. La conduite est toujours la même : calme, membre immobilisé plus bas que le cœur, bagues et montre retirées avant que ça gonfle, un trait au stylo autour de l’œdème avec l’heure, évacuation vers l’antivenin. Pas de garrot, pas d’incision, pas d’aspiration, pas de glace, pas d’alcool. Le bandage compressif australien est réservé aux élapidés neurotoxiques ; sur une vipère, dont le venin détruit les tissus, il concentre les dégâts.
Tique. Retire-la droit, à la pince fine ou au tire-tique, au ras de la peau, sans tourner ni écraser ; pas d’éther, de vaseline, de briquet ni de vernis, qui la font régurgiter dans la plaie. Désinfecte et surveille 30 jours : l’érythème migrant apparaît 3 à 30 jours plus tard dans 70 à 80 % des Lyme, s’étend jusqu’à 30 cm, et n’est pas toujours en cible. Retirée dans les 36 heures, une tique transmet rarement. Piqûre d’hyménoptère avec gonflement du visage, gêne respiratoire, malaise : anaphylaxie, et la WMS est formelle, le stylo d’adrénaline passe avant tout antihistaminique ; si la victime en a un, aide-la à l’utiliser.

Plantes. L’ANSES compte plus de 250 intoxications par an, souvent par confusion : colchique pris pour de l’ail des ours, digitale pour de la consoude, arum pour de l’oseille. Plante douteuse avalée : ne fais pas vomir, ne donne pas à boire (le lait n’est pas un antidote), garde un échantillon ou une photo, appelle un centre antipoison dès que le réseau revient. Le charbon activé ne sert que dans l’heure, jamais chez un somnolent, et ne fixe ni l’alcool ni le fer : un outil d’hôpital.
Altitude. Le mal aigu des montagnes touche 15 % des gens à 2 000 m et 60 % à 4 000 m : mal de tête, nausée, insomnie, 4 à 12 h après l’arrivée. Trois règles d’or : tout mal de tête en altitude est un MAM jusqu’à preuve du contraire ; on ne monte pas avec des symptômes ; on descend s’ils s’aggravent. Deux signes imposent la descente immédiate, de nuit s’il le faut : ne plus pouvoir marcher talon contre pointe (œdème cérébral), et une toux mousseuse et rosée avec essoufflement au repos (œdème pulmonaire). Les médicaments préventifs se prescrivent avant le départ ; le ginkgo, lui, ne marche pas.
Quand tout s’arrête, et ce que tu as dans le sac
La RCP en milieu isolé pose une question que la ville ne pose pas : quand arrêter ? Compressions à 100–120 par minute, 5 à 6 cm de profondeur, 30 pour 2 insufflations ; pour un adulte, les compressions seules valent autant. Mais la RCP ne redémarre presque jamais un cœur, c’est le défibrillateur qui le fait, et tu n’en as pas. Le repère des recommandations avalanche : victime non hypotherme, 30 minutes sans reprise, on peut cesser. On ne commence pas si la poitrine est gelée rigide, si les blessures sont incompatibles avec la vie ou si continuer met le groupe en danger. On continue, en évacuant, si la victime est hypotherme ou sort d’une eau glacée.
Trois petits bobos qui gâchent une expédition. Un œil : cligne, rince longtemps à l’eau propre (le NHS dit vingt minutes), tire la paupière supérieure sur l’inférieure, ne retire jamais un objet planté. Une dent expulsée : par la couronne, sans frotter la racine, remise dans son alvéole si possible, sinon dans du lait ou sous la langue, jamais dans l’eau, et un dentiste dans l’heure. Une écharde de bois ou d’épine s’infecte bien plus qu’un éclat de verre : retire-la vite, dans l’axe d’entrée.

Tout le reste s’improvise : un bandana devient pansement compressif, écharpe, garrot ou attelle de doigt ; une bâche devient burrito, brancard ou toit ; un bâton devient treuil, attelle ou béquille. Ce qui ne s’improvise pas, c’est l’ordre des gestes : un stage Wilderness First Aid de deux jours est le meilleur investissement de tout ton équipement.
Questions fréquentes
Comment arrêter une hémorragie grave sans matériel médical ?
On traite le sang qui sort avant tout le reste, même avant de vérifier la respiration : d’abord une compression directe à pleine main sans relâcher, puis un pansement compressif bien serré si besoin de se libérer les mains. Si cela ne suffit pas, on pose un garrot avec un lien large et un bâton en guise de treuil, serré jusqu’à l’arrêt complet du saignement, en notant l’heure de pose.
Le garrot fait-il perdre le membre qu’on veut sauver ?
C’est une réputation héritée de la Seconde Guerre mondiale où il restait posé pendant des heures, mais les études récentes des guerres d’Irak et d’Afghanistan ont renversé cette doctrine : un garrot posé avant le choc hémorragique est associé à la meilleure survie, et les complications sont rares avec une bonne technique en moins de deux heures. Il ne se desserre jamais « pour laisser passer le sang », ce vieux réflexe étant plus dangereux que de le laisser serré.
Que faire en cas de morsure de serpent ?
Il faut rester calme, immobiliser le membre plus bas que le cœur, retirer bagues et montre avant que ça gonfle, et tracer un trait au stylo autour de l’œdème avec l’heure pour suivre sa progression. On ne pose jamais de garrot, on n’incise pas, on n’aspire pas et on ne met pas de glace : ces gestes aggravent les dégâts sans retirer de venin utile.
Comment réchauffer une personne en hypothermie sans risquer de la tuer ?
On l’emballe en « burrito » : un isolant sous le corps, des sources de chaleur enveloppées de tissu placées sur le tronc (jamais sur les membres ni à même la peau), puis une barrière contre l’humidité et des couches isolantes autour. Il ne faut surtout pas la frotter, la secouer ou la redresser brusquement, car sous 30 °C le cœur devient irritable et un mouvement brusque peut déclencher une fibrillation ventriculaire fatale.
Comment reconnaître un coup de chaleur et le distinguer d’un simple coup de fatigue ?
Le signe qui change tout est l’état du cerveau : une personne qui titube, devient confuse ou dit n’importe quoi au-dessus de 40 °C fait un coup de chaleur, à traiter en urgence en refroidissant avant même de la déplacer. L’épuisement simple par la chaleur garde le cerveau intact, avec une sueur abondante et un pouls rapide mais faible, sans confusion.
Comment préparer une solution de réhydratation orale (SRO) maison ?
La recette validée par l’OMS pour un litre d’eau potable est simple : six cuillères à café rases de sucre (environ 25 g) et une demi-cuillère à café rase de sel (environ 2 g), à boire par petites gorgées. Le goût ne doit pas dépasser celui des larmes ; cette solution bue à la main a fait tomber la mortalité du choléra de 30 % à 3,6 % dans les camps de réfugiés du Bangladesh en 1971.
À retenir
- MARCH : le sang qui sort se traite avant tout, et un blessé se refroidit dès qu’il ne bouge plus.
- Un garrot se serre jusqu’à l’arrêt du saignement, se date, ne se desserre pas ; une ceinture n’en est pas un, un bandana et un bâton oui.
- Une plaie se rince à l’eau potable sous pression ; une morsure ne se referme jamais.
- Un hypotherme s’emballe en burrito et se manipule comme du verre ; il n’est pas mort tant qu’il n’est pas chaud et mort. Une gelure ne se réchauffe que si elle ne regèlera pas.
- Confus + chaud = coup de chaleur, refroidir avant de bouger. Serpent : immobiliser et noter l’heure, ni garrot ni aspiration ni glace. Et le 112 dès qu’une barre apparaît.
Pour aller plus loin
- Paul S. Auerbach, Medicine for the Outdoors (Elsevier) : le manuel grand public du fondateur de la Wilderness Medical Society.
- Les recommandations de la Wilderness Medical Society (hypothermie, gelures, altitude, chaleur, noyade, morsures), gratuites sur wms.org.
- Le PSC1 (Croix-Rouge, Protection civile, pompiers), puis un stage Wilderness First Aid.
- Le programme Stop the Bleed (stopthebleed.org) : appuyer, bourrer, garrotter, en une heure de formation.
Sources de ce module (21)
- Wilderness Medical Society — Accidental Hypothermia, 2019 Update (Dow, Giesbrecht et al.)
- Wilderness Medical Society — Frostbite, 2024 Update (McIntosh et al.)
- Wilderness Medical Society — Pit Viper Envenomations, 2026 Update
- Wilderness Medical Society — Acute Altitude Illness, 2024 Update (Luks et al.)
- Wilderness Medical Society — Drowning, 2024 Update
- Wilderness Medical Society — Heat Illness, 2024 Update
- Wilderness Medical Society — Basic Wound Management in the Austere Environment, 2014
- Synthèse 2025 des recommandations WMS altitude/froid/avalanche (Int J Environ Res Public Health)
- Parker-Cote & Meggs, First Aid and Pre-Hospital Management of Venomous Snakebites, 2018
- Gharraei et al., Keep Cool but Don't Freeze: William J. Mills and frostbite, WEM 2024
- Cochrane — Honey as a topical treatment for wounds
- Cochrane — Water for wound cleansing
- CDC — First aid for venomous snakebites
- CDC — What to do after a tick bite
- Croix-Rouge française — Les gestes de premiers secours
- Centres antipoison français — conduite à tenir
- ANSES — Plantes toxiques : confusions et intoxications
- Lipman et al., Pre-TAPED : paper tape et ampoules en ultra-trail, WEM 2014
- Kano et al., survie après arrêt cardiaque à 14,0 °C, Resuscitation Plus 2026
- Wikipédia — Solution de réhydratation orale (recette OMS)
- Wikipedia — Cunningham technique, Hypothermia, Snakebite, Tourniquet, Lightning injury
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